Description du projet

11/01/18 – Communiqué de la Société Scientifique de Médecine Générale

Informatique médicale
La SSMG se lance dans une veille continue, avec (bientôt) un eCrash-bis

La cellule e-santé de la SSMG travaille sur une version plus poussée de son dispositif de notification des problèmes informatiques, eCrash. Elle sera disponible le mois prochain. D’ici là, le formulaire initial demeure accessible. Ce développement traduit la volonté de la cellule de mettre en place une veille permanente des dysfonctionnements auxquels sont confrontés les médecins généralistes.

POUR TOUTE CLARTÉ
La SSMG n’est en rien « anti-informatisation ». Elle est persuadée qu’une informatique médicale bien pensée est à même de seconder utilement le médecin généraliste et de soutenir les processus d’amélioration de la qualité des soins, qualité qui est l’un de ses principaux chevaux de bataille.

En juin 2017, la cellule e-santé de la SSMG lançait eCrash, un point de contact où évoquer les problèmes rencontrés, comme médecin généraliste, dans l’utilisation du DMI et des différents e-services développés dans le cadre de l’e-santé.
En novembre 2017, elle témoignait, à la faveur d’une audition exceptionnelle en médico-mut, des dysfonctionnements relatés par ses membres (et d’autres professions de santé, d’ailleurs, ayant saisi cette opportunité de s’exprimer).

Le principal constat de l’initiative eCrash est le suivant : la frustration domine, même (surtout…) parmi des utilisateurs convaincus de la plus-value de l’informatisation médicale.
Les autorités se félicitent du nombre grandissant de consentements éclairés au partage électronique de données médicales ou du côté prometteur des projets pilotes de m-Health (qui s’appuient sur des applications mobiles de santé, permettant des formes de télémédecine). Pendant ce temps, sur le terrain, au quotidien, les médecins généralistes doivent travailler avec des programmes et systèmes instables, pour certains immatures, pour d’autres peu ergonomiques et chronophages, et qui deviennent obligatoires ou vont le devenir. Certaines applications étaient supposées alléger la charge administrative. Il n’en est rien. Au stade actuel de finition de certains e-services, l’informatisation a plutôt augmenté le temps à consacrer aux formalités. Enfin, le prix des logiciels labelisés, auquel s’ajoutent frais d’installation et de maintenance, accuse une hausse régulière et importante. Les généralistes n’ont pas d’autre choix que de s’y plier.

Et maintenant ? La cellule e-santé remercie les consœurs et confrères qui se sont déjà manifesté/es. La mobilisation n’est toutefois pas terminée, l’action n’était pas que ponctuelle. La SSMG compte plutôt mettre en place une veille permanente des problèmes auxquels les médecins généralistes informatisés ou en voie d’informatisation sont confrontés, de sorte à continuer à les relayer vers les autorités, dans l’espoir que des mesures soient activement prises pour leur résolution.

Il en va de la rétention des forces vives dans la profession.
Il en va du temps que les médecins généralistes, dont les effectifs se réduisent, peuvent réellement consacrer à soigner la population belge.
« Aujourd’hui, nous estimons la perte de temps imputable à l’usage des outils de l’e‑santé à 40 minutes par généraliste par journée de travail », indique le Dr Parmentier, responsable de la cellule e-santé de la SSMG.
La cellule prépare donc une version-bis du point de signalement eCrash. Vincent Parmentier : « nous travaillons sur une nouvelle version du formulaire de notification, qui va permettre aux consœurs et confrères de présenter de façon plus détaillée ce qu’ils ont expérimenté comme dysfonctionnement. Nous allons leur proposer de joindre des documents qui illustrent leur témoignage, comme des captures d’écran, par exemple. »
Cette nouvelle version est prévue pour février 2018.

E-SANTÉ : Un modèle à revisiter

Parallèlement à l’organisation de cette collecte en continu, la cellule e-santé poursuit sa réflexion plus générale sur le modèle belge d’e-santé, pour qu’il atteigne ses objectifs d’amélioration de la qualité et de l’efficience.
Il y a des problèmes structurels qui grèvent son architecture et sa gouvernance. Le modèle, qui s’est construit sans project management global, est caractérisé par une profusion de dispositifs redondants, usant de technologies différentes.
La cellule affine actuellement des propositions qu’elle soumettra aux pouvoirs publics et administrations au premier semestre 2018. L’une d’entre elles est, par exemple, le « Dossier Patient Multidisciplinaire » (DPM) Cloud, avec synchronisation en continu de la base de données du DMI du médecin (et des autres prestataires de soins, hôpitaux, laboratoires…) et du DPM Cloud. Cette synchronisation ferait disparaître la nécessité de messageries entre intervenants, le travail d’émission et d’intégration des documents à partir du et dans le dossier patient, et le temps de latence entre le changement d’une donnée critique (médicament ou allergie) par un médecin X et la disponibilité de l’information pour son confrère Y prenant en charge le même patient.

Contacts presse :
Dr Vincent Parmentier, responsable de la cellule e-santé et vice-président de la SSMG : 02/533.09.83
Dr Thomas Orban, président de la SSMG : 0475/90.29.26

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