Première consultation tabacologique : ⏳ TOTAL CONSULTATION = 45 MINUTES

2. Historique du tabagisme : ⏳ 5 MINUTES

4. Entretien motivationnel : ⏳ 5-10 MINUTES

5. Sujets à connaître : ⏳ 15 MINUTES

6. Clôture de la consultation : ⏳ 5 MINUTES

7. Planification du suivi : ⏳ 2 MINUTES

1. Définir d’emblée de cadre : ⏳ 4 MINUTES

Donner un cadre, permet de structurer la rencontre mais aussi de rassurer le patient sur le déroulement.

VOTRE CADRE = votre façon de travailler ( ⏳ 2 MINUTES) :

« Cette consultation est consacrée uniquement au sevrage tabagique. Si vous voulez aborder d’autres problèmes qui se sont pas liés au sevrage, je vous inviterais à le faire dans une autre consultation. Le sujet étant important, je préfère qu’on reste concentré sur vos questions liés aux tabac. »

« Comme je vous l’ai expliqué, notre rendez-vous dure +-45 minutes et est donc majoré de 20 euros. Je vous donnerai une attestation à la fin de la consultation vous permettant d’en être remboursé » (cfr. codes de remboursement).

LE CADRE DU PATIENT = ses attentes ( ⏳ 2 MINUTES) :

Inviter le patient à exprimer ce qu’il vient chercher en venant chez vous (à la première consultation et à chaque séances suivantes).

« Avant de commencer, j’aimerais mieux comprendre qu’est-ce que vous attendez de notre consultation ? Comment est-ce que je peux vous aider ? »

« Qu’est-ce qui ferait qu’en rentrant chez vous vous vous direz « Aujourd’hui c’était une bonne séance » ? »

Reformuler ensuite sa demande sous forme de plan de séance. Par exemple :

« D’accord, si j’ai bien compris votre demande : vous avez envie d’avoir plus d’informations sur comment arrêter de fumer ? Vous avez aussi des questions sur les aides médicamenteuses au sevrage. Par contre je n’aurais pas le temps d’aborder toutes vos questions aujourd’hui. On se concentre sur les plus importantes et on reviendra sur les suivantes dans d’autres séances si vous le voulez. On fait comme ça ? »

REMARQUE : ce « contrat » de début de séance est très important pour vous et pour le patient.

Pour vous : En débriefant 2 minutes du plan de la séance vous clarifiez directement les attentes du patient, vous travaillez ainsi sur mesure et abordez directement les sujets clés. Vous gagnerez en temps et en efficacité. Vous éviterez aussi des frustrations si en fin de consultation le patient ne souhaite pas arrêter de fumer. Par exemple, si son objectif était juste de recevoir des informations.

Pour le patient : ça lui permet de structurer l’entretien et d’avancer à son rythme. Il sait ce qui va être abordé au cours de la séance. Les sujets abordés ne seront donc pas imposés par le médecin.

2. Historique du tabagisme : ⏳ 5 MINUTES

La démarche historique du tabagisme est importante pour évaluer les doses de nicotine inhalées et pouvoir ainsi ajuster l’aide médicamenteuse de manière réaliste.

  • Nature du produit dérivé du tabac fumé (cigarette industrielle ou roulée, cigarillo, cigare, joint, chicha) : Permet d’évaluer la quantité de nicotine par unité.

Règle de base : 1 cigarette industrielle = 1 mg de nicotine inhalée

Si autre, calculer l’équivalent en nicotine pour trouver la bonne dose de substitution.

cigarette entubée (tube – 1 g tabac)x 3 équivalent nicotinique cigarette industrielle
(ex : pour 20 cigarettes entubées/jour, besoin de 20 x 3 = 60 mg nicotine/jour)
cigarette roulée (feuille – 0,5 g tabac)

NB : Un paquet de 30 g équivaut à ± 60 cigarettes roulées. Si le patient ne connait pas le nombre de cigarettes/jour, il sait en général combien de paquet(s) à rouler il utilise. Ex : 1 paquet tous les 2 jours –> il fume un ½ paquet par jour soit 30 cigarettes roulées/jour (= 60 mg de nicotine/jour).

x 2 équivalent cigarette industrielle
cigarex 2,5 équivalent cigarette industrielle
cigarillox 3,5 équivalent cigarette industrielle
pipex 5 équivalent cigarette industrielle
chichax 50 à 200 équivalent cigarette industrielle (2 à 10 paquets de 20 cigarettes)

À vos calculatrices !

  • Nombre de cigarettes fumées par jour (indice sur le dosage de nicotine quotidien : 1 cigarette = +-1mg de nicotine)
  • Début du tabagisme (nombre de paquet année)
  • Nombre et durée des tentatives de sevrage (ça vous permet de savoir si la personne est déjà avancée dans son processus de sevrage ou est plutôt novice)
  • Entourage (fumée à l’intérieur, exposition tabagisme passif, avec les amis, dans la voiture, au travail) : la règle est de toujours fumer dehors pour protéger les non-fumeurs mais aussi le fumeur de l’exposition passive.

3. Analyse des tests diagnostics : ⏳ 5 MINUTES

Utiles pour comprendre où en est le patient et pour introduire la consultation. A donner idéalement avant la première consultation (gain de temps) : le patient les complétera chez lui.

− Test de Fagerström complet : la dépendance tabagique en 8 questions

− Test de Fagerström court : la dépendance tabagique en 2 questions

− Grille d’ambivalence : l’exploration des points de vue du patient

− Echelle de motivation : l’exploration de la motivation du patient

− Test HAD : l’anxiété et la dépression− voir la rubrique Populations particulières

− Le journalier cigarette : le journal du fumeur avec les conditions de la consommation

− Test Q-mat : motivation à réussir le sevrage

− Test de Demaria et Grimaldi : les chances de réussite

− Mesureur de CO : voir la rubrique Approche du patient tabagique

− Cotinine urinaire : voir Aides pharmaco et hardcore smokers (rubrique Patients particuliers)

4. Entretien motivationnel : ⏳ 5-10 MINUTES

L’entretien motivationnel est un style de conversation important en tabacologie. Il permet de renforcer les motivations propres au patient dans son arrêt et de le guider vers un changement. Il est plus efficace d’aider le patient à trouver ses propres motivations que de lui en suggérer.

Exemple  (Lien vers vidéo brique 1).

− Grille d’ambivalence : un outil très simple que le patient peut déjà compléter chez lui ou faire durant la consultation et qui lui permet de réfléchir aux avantages et inconvénients de fumer et aux avantages et inconvénients à arrêter.

5. Sujets à connaitre : ⏳ 15 MINUTES

Les incontournables (abordés à chaque première consultation) :

  • Symptômes fréquents lors de l’arrêt : un document des manifestations possibles et de la réponse appropriée à remettre au patient.
  • Physiopathologie du fumeur (comprendre la dépendance et comment en sortir) : voir rubrique spécifique
  • Déroulement d’un sevrage (petit à petit ou en une fois ? Les deux méthodes sont possibles)

Il est possible de diminuer petit à petit avant la date d’arrêt mais un soutien médicamenteux rapide par substitut ou autre traitement est alors nécessaire et le patient ne devra pas trop attendre (au-delà de 3 semaines, un phénomène de lassitude et de manque de résultat s’installera).

L’avantage est qu’il ne restera plus que les « cigarettes importantes » à gérer au moment de la date d’arrêt et que le patient aura déjà pris le dessus sur plusieurs d’entre elles (il nommera facilement les restantes « celle du matin », « celle d’après le boulot », « celle en terrasse », etc.).

Vous pouvez proposer, durant cette période, de fumer sans rien y associer : fumer DEBOUT, DEHORS et SANS RIEN FAIRE D’AUTRE (pas de musique, pas de balade, pas d’ordinateur, etc.).

Remettre la fiche de préparation à l’arrêt (quelle fiche ?)

Il est plus dur d’arrêter en une seule fois mais l’effort est moins long qu’un sevrage progressif. Le sevrage est immédiat et il n’y a pas de rappels de la dépendance comme lors d’un arrêt progressif.

  • La date d’arrêt

La date d’arrêt est la date à partir de laquelle le patient va tenter d’arrêter. Fixer la date d’arrêt permet au patient de se lancer dans le changement sans reporter sans cesse. Laisser le patient fixer sa propre date d’arrêt est important. Il se peut qu’il veuille arrêter de fumer dans 2 semaines comme dans 3 mois, selon ses propres objectifs. Accompagnez son choix d’un discours de tolérance vis-à-vis d’éventuelles rechutes. Proposez de refixer un rendez-vous avant la date d’arrêt choisie.

Éventuellement (selon le patient) :

  • Prise de poids – voir la vidéo Prise de poids et tabagisme 

Rassurer sur la prise de poids et remettre une fiche au patient en cas de questions. Parmi les fumeurs qui arrêtent, 30% ne prennent pas de poids. Au sein des 70% qui en prennent, la majorité ne prend pas plus de 5 kg. Attention : une prise de poids importante lors du sevrage est parfois révélatrice d’un malaise plus profond qu’il est utile d’investiguer avec le patient.

  • Effet positif de l’arrêt du tabac (patient fort inquiet pour sa santé)
  • Cigarette et alcool (c’est pas le moment de se prendre une cuite vs alcoolique)
  • Planification du suivi

On constate 80% de rechutes à un an chez les patients non accompagnés. Un suivi est important car il augmente de manière considérable les chances de réussite. Planifiez un rendez-vous dans la semaine du sevrage pour évaluer comment ça se passe. Proposez à votre patient de vous contacter par mail ou téléphone en cas de besoin.

  • Patients particuliers (femme enceinte, patient dépressif, adolescent, hardcore smoker, patient alcoolique) : voir rubrique spécifique

6. Clôture de la consultation : ⏳ 5 MINUTES

Un bon moyen de faire sentir que la consultation touche à sa fin est d’utiliser les phrases comme :

« Je propose d’aborder notre dernier point maintenant avant de clôturer notre consultation. »

Vous pouvez aussi demander au patient de conclure la consultation :

« Voilà, je pense qu’on a abordé déjà pas mal de points aujourd’hui. J’espère avoir répondu à vos questions principales. Qu’est-ce que vous avez retenu ? »

7. Planification du suivi : ⏳ 2 MINUTES

C’est le moment de demander à votre patient ce qu’il veut faire.

« Qu’est-ce que vous avez envie de faire ? Est-ce que vous voulez qu’on se revoit ? »

Si le patient était venu pour avoir des informations, il peut avoir finalement envie de se lancer dans un sevrage.

Si le patient souhaite démarrer un traitement d’aide au sevrage (et donc un sevrage), le revoir la semaine suivante et lui laisser la possibilité de vous contacter est un bon planning. Laisser le d’abord choisir et ré-aiguiller le s’il vous dit « On peut se revoir dans un mois » en lui expliquant qu’habituellement vous revoyez vos patients plus tôt car il y a beaucoup de questions qui émergent lors des premières semaines et que vous êtes disponible pour le soutenir et répondre à toutes ses questions.

Fiches à remettre au patient (ou pour le médecin)

Tests diagnostiques/guidesConseils

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