Les risques psychosociaux liés au travail (RPS) recouvrent des risques professionnels qui portent aussi bien atteinte à la santé mentale que physique de vos patient(e)s et qui ont un impact sur le bon fonctionnement et les performances des entreprises ainsi que sur la sécurité.

L’origine de ces risques se situe dans une ou plusieurs composantes du travail. Elles sont au nombre de :

  • L’organisation du travail : cette dimension renvoie, notamment, à la structure d’organisation (horizontale-verticale), à la manière dont sont réparties les tâches, les procédures de travail, les outils de gestion, au le style de management, aux les politiques générales menées dans l’entreprise, … ;
  • Le contenu du travail : il a trait à la tâche du travailleur en tant que telle. On retrouve dans cette catégorie tout ce qui touche à la complexité et la variation des tâches, aux exigences émotionnelles (relation au public, contact avec la souffrance, devoir cacher ses émotions…), à la charge mentale (liée entre autre à la difficulté de la tâche), à la charge physique, la clarté des tâches, … ;
  • Les conditions du travail : elles recouvrent tout ce qui touche aux modalités d’exécution de la relation de travail. On peut citer, par exemple, les types de contrat et d’horaires (le travail de nuit, le travail posté, les horaires atypiques…), les possibilités d’apprentissage, la gestion des carrières, les procédures d’évaluation, … ;
  • Les conditions de vie au travail : elles visent l’environnement physique dans lequel le travail est effectué. On peut citer, par exemple, l’aménagement des lieux de travail, les équipements de travail, le bruit, l’éclairage, les substances utilisées, les positions de travail ;
  • Les relations interpersonnelles au travail : cela regroupe les relations internes (entre travailleurs, avec le chef direct, la ligne hiérarchique…) mais également les relations avec les tiers, les possibilités de contact, la communication. On y considère la qualité des relations (coopération, intégration…), …

Stress, harcèlement moral, burn-out, suicide, abus d’alcool et de drogues sont les manifestations les plus connues de ces risques psychosociaux dont l’apparition peut induire un coût important pour les travailleurs, pour l’entreprise et la collectivité en générale.

Tout d’abord, reconnaissez votre patient(e) dans sa souffrance.

De plus, gardez-vous, également, de vous prononcer sur la cause de cette souffrance. En effet, vous ne disposez, uniquement, que des éléments rapportés par votre patient(e). La version de l’employeur vous est inconnue. La vérité se situe, généralement, entre les deux.

C’est pourquoi, donner un diagnostic, uniquement sur base de la seule version de votre patient(e), est un peu hasardeux ! D’expérience, quand on évoque le fait qu’une situation problématique serait due au burn-out ou du harcèlement, ce dernier n’est réellement avéré que seulement dans 10 % des cas ! Décrivez, donc, uniquement, la symptomatologie que vous observez et évoquer le lien avec le travail si tel vous semble le cas.

Pour lutter contre les problèmes psychosociaux, vous pouvez encourager votre patient(e) à faire le premier pas en contactant :

Votre patient(e) peut demander un rendez-vous auprès du médecin du travail. Une telle« consultation spontanée » peut se faire à l’insu de l’employeur si votre patient(e) le souhaite.

  • La personne de confiance au travail de l’entreprise.

Il s’agit du premier point de contact en cas de difficultés relationnelles au travail (conflit, harcèlement, comportements non souhaités). La personne de confiance écoute le travailleur en toute confiance et est tenue au secret professionnel. Il(Elle) donne des conseils et cherche une solution avec votre patient(e).

Tous ces intervenants sont tenus au secret professionnel.

Le médecin du travail peut se concerter, au niveau individuel, avec votre patient(e) et, éventuellement, également, avec vous afin de rechercher des solutions ensemble. Ainsi, des mesures d’adaptations des postes de travail peuvent être examinées si l’état de santé est affecté en raison d’une exposition à des risques psychosociaux au travail.

En outre, le médecin du travail peut faire appel à la personne de confiance de l’entreprise (obligatoire dans les entreprises de plus de 50 personnes) et/ou au Conseiller en Prévention pour les aspects psychosociaux (obligatoire quel que soit le nombre de travailleurs dans l’entreprise). Ces derniers sont compétents en matière de problèmes psychosociaux.

En préparation d’un contact avec le médecin du travail, demandez à votre patient :

  • De consigner les faits de manière détaillée, par exemple dans un journal/agenda ;
  • De préciser quelles actions votre patient(e) a déjà entrepris lui(elle)-même pour résoudre le problème (en a-t-il(elle) déjà parlé avec les RH, la personne de confiance, le syndicat…).