Description du projet

Buts

La cellule « Santé & Sexualité » vise à sensibiliser et informer les médecins généralistes aux différents aspects de la santé sexuelle.

Dans ce cadre, elle s’intéresse aux infections sexuellement transmissibles (IST), leur dépistage, leur diagnostic et leur prise en charge, mais aussi aux plaintes sexologiques telles que troubles du désir, éjaculation prématurée, dyspareunies, troubles érectiles…

Thèmes et actions

Depuis sa création en 2014, la cellule veille à la représentation de la médecine générale au sein de la plateforme francophone des IST et à établir des outils d’aide pour les médecins généralistes.

En plus du dépistage et du diagnostic des IST, les thèmes travaillés sont développés au fur et à mesure : chmaydia trachomatis, gonocoque, hépatites B & C, herpès simplex , VIH, papillomavirus, syphilis, trichomonas vaginalis, etc.

Aborder la sexualité en médecine générale

  • Les patients se disent que ce n’est pas un problème médical
  • C’est trop gênant, trop intime
  • C’est passager
  • On verra ça plus tard
  • Il n’y rien d’urgent, ce n’est pas la peine d’ennuyer le docteur
  • Difficulté à entamer la conversation, admettre qu’il y a un problème
  • Manque de formation, plainte mal connue
  • Sentiment d’incompétence et impuissance
  • Malaise par rapport au sujet ou avec leur propre sexualité
  • Estime que c’est un sujet tabou
  • Peur que la consultation ne soit trop longue (mais, dans le fond, c’est comme pour toute pathologie où somatique et psychologique sont intriqués)
  • Peur de nuire
  • Se cache derrière l’excuse de ne pas vouloir entrer dans l’intimité de l’autre
  • « Puis je vous poser une question intime? »
    Le patient dit toujours oui et le fait de demander la permission le met déjà en position de sujet actif.
  • « Est-ce que votre maladie (ou traitement) a des répercussions sur votre vie sexuelle? »
    C’est plus confortable de partir de l’objet principal de la consultation et du problème pour lequel il consulte (HTA, bilan vasculaire, endocrinien, mise au point médicamenteuse, dépression, anxiété…)
  • « Certains patients qui ont la même maladie que vous ont des problèmes sexuels, est-ce votre cas? »
    Le patient n’est pas le seul à présenter ce type de problème ; cela réduit donc la gène d’en parler
  • « Avez-vous repris les relations avec votre partenaire? »
    Question à poser naturellement après une hospitalisation ou chirurgie (prostate, hystérectomie, sein, aorte abdominale peuvent aussi donner DE)
  • « En avez-vous parlé avec votre partenaire? »
    Si le patient évoque des difficultés, cela a un impact sur la dynamique conjugale qui peut entretenir ou majorer le problème (peut même en être la cause). Il faut donc encourager le dialogue dans le couple (par exemple, femme pas neutre face à DE : sentiment de ne pas être désirable, pas belle, tromperie, peut se sentir inutile, malheureuse). S’il n’y a pas de dialogue, il y a une perte de connivence et d’intimité émotionnelle qui s’ajoute à la frustration sexuelle du patient.

Avant toute chose, la sexualité n’a pas qu’une fonction génitale : elle s’enclave dans un contexte bio-psycho-social, ce qui veut dire qu’un problème sexuel aura un impact sur le psychologique, le biologique ainsi que le relationnel puisque la sexualité désigne aussi l’individu par rapport à sa propre identité et comme différent d’autrui, dans le couple et la société.Ecouter la plainte ne demande pas de formation particulière et le fait de verbaliser est déjà thérapeutique pour le patient.Les troubles sexuels peuvent cacher ou annoncer d’autres pathologies. Par exemple, la dysfonction érectile est le symptôme sentinelle des maladies coronaires puisque toutes deux dépendent des
mêmes facteurs de risque, à savoir :

  • HTA, stress
  • Sédentarité, obésité
  • Hyperlipidémie
  • Diabète
  • Tabac et alcool

Elle est également le facteur prédictif le plus efficace d’une coronaropathie silencieuse chez le diabétique. Elle peut être la conséquence d’une hypotestostéronémie, d’une hypo ou hyperthyroïdie, d’une hyperprolactinémie (prolactinome ou médication), de l’alcoolo-dépendance, d’un tabagisme important, de problèmes vasculaires, d’une dépression, d’une hypertrophie bénigne de la prostate, voire d’un cancer de la prostatique.

Des outils d’aide à la consultation ont été développés pour les Infections Sexuellement Transmissibles