28/09/2022

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Suite aux récentes discussions en Belgique comme à l’étranger concernant l’accès à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), et en cette Journée mondiale pour le droit à l’avortement, la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) tient à rappeler l’évidence scientifique qui sous-tend le débat public.

Notre position est sans équivoque : la possibilité de recourir à une IVG sans danger est primordiale pour la santé des personnes enceintes et doit être défendue coûte que coûte.

L’OMS recommande que l’avortement soit accessible sans danger à toute personne qui en fait la demande[1]. En tant que médecins généralistes, nous sommes pleinement confronté·es à cette réalité qui concerne environ 18.000 personnes en Belgique chaque année. 85% des IVG ont lieu dans des centres extra-hospitaliers[2] et sont réalisées principalement par des médecins généralistes.

Dans notre pays, l’IVG est possible jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée moyennant un délai de réflexion obligatoire de 6 jours. La loi du 15 octobre 2018 sort l’IVG du Code Pénal mais maintient des sanctions pénales, tant à l’égard des personnes enceintes que des médecins en cas de non-respect des obligations légales.[3]

L’expérience nous montre qu’une restriction de l’accès à l’IVG entraîne la réalisation d’avortements clandestins, souvent réalisés dans de mauvaises conditions et dangereux pour la santé des personnes qui le subissent. L’enjeu majeur de ce débat concerne avant tout la santé publique et individuelle car il creuse le fossé des inégalités en santé et met encore plus en danger des populations précarisées et racisées.[4]

En tant que société scientifique, la SSMG plaide pour une formation qualitative et accessible pour lutter contre la pénurie de médecins habilité·es à pratiquer l’IVG. Nous nous joignons aux syndicats afin de plaider pour une meilleure valorisation du temps de formation et une rémunération plus durable des prestataires.

Notre position est sans équivoque : la possibilité de recourir à une IVG sans danger est primordiale pour la santé des personnes enceintes et doit être défendue coûte que coûte.


[1] World Health Organization. (‎2022)‎. Abortion care guideline. World Health Organization.  https://apps.who.int/iris/handle/10665/349316

[2] Rapport de la Commission nationale d’Evaluation des interruptions de grossesse portant sur les années 2018 et 2019, mars 2021. https://organesdeconcertation.sante.belgique.be/fr/documents/rapport-lattention-du-parlement-1-janvier-2018-31-decembre-2019

[3] Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, abrogeant les articles 350 et 351 du Code pénal et modifiant les articles 352 et 383 du même Code et modifiant diverses dispositions législatives

[4] Grossman D, Perritt J, Grady D. The Impending Crisis of Access to Safe Abortion Care in the US. JAMA Intern Med. Published online June 23, 2022. doi:10.1001/jamainternmed.2022.2893