
1. Place centrale du patient
Conseils
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Description
En soutien à la consultation, les prestataires de soins peuvent utiliser des supports d’éducation aux patients. Les informations transmises oralement peuvent être complétées par des images, un dépliant ou la référence à un site web fiable, une application, des outils d’aide à la décision ou des fiches de consultation. Vous pouvez trouver ce type d’outils via le site mongeneraliste.be.
Shared Decision Making est le processus par lequel le prestataire de soins de santé co-construit avec le patient une réponse à son problème de santé lorsqu’il existe plusieurs options de traitement équivalentes. Il s’agit d’une interaction entre le médecin et le patient dans laquelle les valeurs et les normes du patient sont combinées à l’expertise du médecin pour parvenir à une décision partagée qui convienne le mieux au patient dans cette situation spécifique.
Cette interaction ne se limite pas à l’accord sur un traitement ; une bonne collaboration entre le médecin et le patient est également possible dans le cas de diagnostics (invasifs) et de « l’advance care planning » en soins palliatifs (INAMI). Décider ensemble peut nécessiter un ajustement du rôle que le prestataire de soins ou le patient a l’habitude de prendre. Le prestataire de soins peut indiquer explicitement au patient, lors d’une consultation, qu’un choix peut être fait entre différentes options de traitement et que le patient peut y jouer un rôle actif.
L’acronyme ICE (Ideas, Concerns, Expectations) est un outil destiné à encourager le patient à participer activement au processus décisionnel. De l’ICE, on peut déjà extraire certains éléments qui sont importants pour impliquer à nouveau le patient dans le processus de prise de décision par la suite. En effet, les préférences et attentes apparaissent souvent déjà à ce stade.
Décider ensemble peut être facilité par l’utilisation d’un modèle tel que celui de la prise de décision partagée en trois étapes (Three-talk model of Shared Decision Making) d’Elwyn Glyn (2017). Dans la première étape (Team talk), il est expliqué que la décision peut être prise ensemble et que le prestataire de soins et le patient (et le cas échéant un aidant proche) forment une équipe à cet effet. Lors de la deuxième étape (Option talk), les différentes options sont discutées. Decision Talk est la troisième étape ; une décision est alors prise sur la base des préférences du patient et de l’expertise du médecin. Ne rien faire est également une option. Il est important que le patient connaisse les avantages et les inconvénients en cas de décision de non-action. Les études montrent que certains patients ont besoin d’avoir un moment d’évaluation après la décision (« étape 4 »). Cela peut être abordé brièvement lors d’une consultation suivante par exemple.
(Elwyn Glyn, 2017)
Dans le cas de situations de soins complexes, telles que la multimorbidité, les soins palliatifs ou les patients chroniques souffrant de problèmes psychosociaux, le Goal-Oriented Care est préférable au Disease-Oriented Care. Dans les soins ciblés, ces derniers sont adaptés aux objectifs fixés par le patient en concertation avec le prestataire de soins, plutôt qu’aux résultats spécifiques de la maladie. Une bonne coordination entre le patient et tous ceux qui participent à sa prise en charge est essentielle (ORG 4.3 Collaboration avec les externes). Les soins ciblés requièrent un mode de consultation différent. Plusieurs outils sont disponibles sur le site web de l’ASCOP, ils peuvent vous aider en pratique.
La loi sur les droits du patient de 2002 fournit des lignes directrices pour placer le patient au centre :
- Droits à des soins de qualité
- Libre choix du professionnel de santé
- Droit à l’information sur sa santé
- Droit au consentement éclairé
- Droit à un dossier patient soigneusement tenu, avec possibilité de consultation et de copie
- Droit au respect de son intimité et à la protection de sa vie privée
- Droit d’introduire une plainte auprès d’une fonction de médiation
Les soins sensibles aux valeurs culturelles consistent à fournir des soins en étant conscient que ses propres normes et valeurs ne s’appliquent pas à tout le monde. Le prestataire s’efforce d’aborder toute situation avec un regard neutre plutôt que d’y porter un jugement (négatif).
Lorsqu’on accueille des patients souffrant de troubles d’audition, de langage ou avec une barrière de la langue, des outils peuvent être utilisés pour faciliter la consultation et garantir la qualité des soins. Les aides visuelles sont préférables pour ces groupes de patients. En cas de problèmes de communication légers, des visuels et des brochures multilingues peuvent servir de support. En cas de problèmes de communication plus sévères et dans les situations de soins complexes, il est recommandé de faire appel à un interprète. Le soignant peut choisir de demander au patient de venir avec un proche maîtrisant le français, ou faire appel à un interprète professionnel. Des services d’interprétariat professionnel sont proposés par les organismes suivants :
- En Belgique : via le SPF Santé publique en collaboration avec l’INAMI, les médecins généralistes peuvent recourir gratuitement à la médiation interculturelle par vidéoconférence. À l’aide d’une connexion internet et d’un ordinateur portable (ou d’une tablette), vous pouvez prendre rendez-vous avec un médiateur interculturel via une plateforme sécurisée. Ce médiateur interprétera pour vous ce que dit le patient et interprétera également ce que vous dites au patient. Vous trouverez plus d’informations sur ce projet sur le site https://www.health.belgium.be/fr/sante/organisation-des-soins-de-sante/qualite-des-soins/mediation-interculturelle-dans-les-soins-de
- Bruxelles : le service d’interprétariat social de l’asbl Bruxelles Accueil propose des interprètes par téléphone, en visio et en présentiel
- Wallonie et Bruxelles : Setis
- Initiatives locales
Selon le rapport de l’OMS (2023), 5,2 % des familles belges sont confrontées à des dépenses de santé dites « catastrophiques ». Cela signifie que les dépenses de santé sont si élevées qu’une famille éprouve des difficultés financières à satisfaire ses besoins de base (par exemple, l’alimentation, le logement et le chauffage). Ce pourcentage place la Belgique à une des places les plus élevées d’Europe de l’Ouest. Lorsque le chef de famille est au chômage, ce chiffre passe à 8 % et, parmi les familles aux revenus les plus faibles, il atteint 12 %.
Afin de rendre le système de santé accessible au plus grand nombre, des mesures ont déjà été prises en Belgique. Les mesures prises pour tous comprennent : l’assurance maladie et invalidité obligatoire, le Maximum à facturer, l’introduction du DMG, le système de tiers payant, et l’introduction de trajets de soins, le statut de patient atteint d’une affection chronique. Dans des cas exceptionnels et pour des pathologies très graves, le Fonds spécial de solidarité peut être sollicité. La connaissance de cette complexité permet d’orienter rapidement le patient vers les organismes de soutien (par exemple, les services sociaux, le CPAS, …) (ORG 4.3 Collaboration avec les externes). Un bon encodage dans le dossier peut y contribuer (ORG 3.1 DME en ordre).
Réflexion
« Le patient a droit, de la part du praticien professionnel, à toutes les informations qui le concernent et peuvent lui être nécessaires pour comprendre son état de santé et son évolution probable. » (Loi relative aux droits du patient, 22 août 2002)
Seule une partie limitée des informations données oralement est mémorisée par le patient. Il est donc conseillé de compléter les informations transmises oralement par un écrit ou de référer à un site web fiable. Les patients peuvent venir accompagnés lors des consultations par quelqu’un qui pourra les soutenir à comprendre les informations, à gérer les émotions et à poser des questions. On peut les encourager à prendre eux-mêmes des notes pendant la consultation. Si le médecin est d’accord, il est également possible de faire un enregistrement audio (Ordre des médecins, 16/9/2023).
« Le patient a le droit d’être informé préalablement à toute intervention du praticien professionnel et de donner librement son consentement à cette intervention. » (Loi relative aux droits du patient, 22 août 2002)
L’information du patient est une condition préalable au consentement éclairé. Une meilleure littératie en santé encourage les patients à prendre en charge leur propre santé (empowerment). Cela augmente la confiance en soi du patient et favorise l’observance thérapeutique, d’où un meilleur contrôle de sa maladie. Cela ne veut pas dire qu’un patient peut être tenu responsable de mauvais résultats. Une bonne relation entre le prestataire de soins et le patient est essentielle à la qualité des soins et repose sur le respect mutuel.
Un questionnement ICE (ideas, concerns, expectations) contribue à un diagnostic plus précis de la part du médecin et à une meilleure observance thérapeutique de la part du patient. Le Shared Decision Making augmente aussi la satisfaction du patient. Toutes les situations ne s’y prêtent pas. Par exemple, en cas d’urgence, la rapidité d’action l’emporte sur la prise de décision partagée. Cependant, une déclaration anticipée permet au patient d’avoir son mot à dire sur la politique à suivre, même lorsqu’il n’est plus en mesure d’exprimer ses volontés.
Chez les patients avec des comorbidités, les recommandations générales pour des maladies spécifiques ne peuvent pas être utilisées. Ces patients sont souvent exclus des études sur lesquelles sont basées les recommandations. Les recommandations pour différentes maladies peuvent également se contredire. De plus, l’observance des traitements et la qualité de vie sont améliorées lorsque le traitement est adapté aux objectifs de la vie quotidienne du patient plutôt qu’à des objectifs abstraits issus de la recherche scientifique. Le Chronic Care Model est expliqué plus en détails dans la section Collaboration avec des externes (ORG 4.3 Collaboration avec des externes).
Un bon système de soins de santé est accessible au plus grand nombre, y compris aux personnes se trouvant dans des situations difficiles. Le système de soins de santé est financièrement inaccessible lorsque les personnes retardent ou renoncent à des soins (de base) nécessaires parce qu’ils sont trop chers. Cela peut avoir des effets néfastes sur la santé à moyen et long terme, entraînant parfois des coûts de santé plus élevés.
Malgré les nombreuses tentatives de la Belgique pour maintenir les soins de santé à un niveau abordable, certains facteurs nuisent à l’accessibilité des soins. Les médecins doivent en être conscients. Il s’agit notamment des montants à charge du patient (ticket modérateur et suppléments d’honoraires) et de l’octroi non automatique de mesures de protection aux personnes qui y ont droit. En outre, les patients doivent souvent avancer la somme totale, et sont remboursés par la suite (ceci est surtout le cas dans les soins ambulatoires autres que la médecine générale). L’assurance maladie obligatoire couvre également les soins dentaires, les médicaments en vente libre et les dispositifs médicaux dans une mesure limitée. Les politiques peuvent contribuer à simplifier et à améliorer l’accès aux soins de santé pour les foyers à faibles revenus.
Sources
- Agentschap Integratie en Inburgering. (2021). Sociaal tolken en vertalen. [website]. Consulté le 14 janvier 2021 via https://www.integratie-inburgering.be/nl/sociaal-tolken-en-vertalen
- Moniteur Belge (22 août 2002). Loi relative aux droits du patient. [site web]. Consulté le 5 août 2021 via LOI – WET (fgov.be)
- De Maeseneer, J. (2012). Multimorbidity, goal-oriented care, and equity. British Journal of General Practice, 62(600), e522–e524. https://doi.org/10.3399/bjgp12X652553
- De Maeseneer, J., & Boeckxstaens, P. (2017). Pay-for-performance: Beter niet aan beginnen? Minerva, 16(4), 82-83.
- Delegrange, M., De Wilde, J., & Vranjes, J. (2023). Eindrapport bevraging project ‘Sociaal tolken’. Universiteit Gent.
- Service Public Fédéral, Santé publique, sécurité de la chaine et environnement : médiation interculturelle à distance (par vidéoconférence). [site web]. Consulté le 14 janvier 2021 via Médiation interculturelle à distance (par vidéoconférence) | SPF Santé publique (belgium.be)
- Service Public Fédéral, Santé publique, sécurité de la chaine alimentaire et environnement, Conseil supérieur de la santé. (2021). Droits du patient. [website]. Consulté le 16 janvier 2021 via Droits du patient (belgium.be)
- Gignon, M., Ganry, O., Jarde, O., & Manaouil, C. (2013). Finding a balance between patients’ rights, responsibilities and obligations. Medicine and Law, 32, 319.
- Grouwels, D., Seuntjens, L., Vanden Bussche, P. (2008). Dokteren met kwaliteit. Antwerpen: Standaard Uitgeverij nv. Deel 8: Patiënten: partners in kwaliteit. 2008.
- KCE. L’accès aux soins de santé reste entravé par les dépenses à charge du patient, surtout pour les ménages les plus pauvres (communiqué de presse). [site web]. Consulté le 26 mai 2023 via https://www.kce.fgov.be/fr/lacces-aux-soins-de-sante-reste-entrave-par-les-depenses-a-charge-du-patient-surtout-pour-les
- Matthys J. Is het haalbaar om ideeën, bezorgdheden en verwachtingen van de patiënt te registreren in het dossier ? Resultaten van een praktijkproject. Huisarts Nu oktober 2006 ; 35(8).
- Vers une Belgique en bonne santé. Accès financier aux soins de santé. [site web]. Consulté le 17 mai 2023 à l’adresse https://www.belgiqueenbonnesante.be/fr/hspa/accessibilite-des-soins/accessibilite-financiere
- NHG. (2018). Handleiding voor het opzetten van een kwaliteitssysteem in een huisartsenpraktijk versie juni 2018. Utrecht : NHG. 16: Patiëntgerichtheid.
- NPA. (2015). Kwaliteitsnormen voor de Nederlandse huisartsenpraktijk. NHG-Praktijkaccreditering versie 2.1. Utrecht: NPA. Artikel 19: Patiëntenvoorlichting.
- Ordre des médecins (2023). Enregistrement audio des consultations. Lettre d’information 175, 16 septembre 2023. Consulté le 27 septembre 2023 via https://ordomedic.be/fr/avis/deontologie/consentement-eclaire/enregistrements-audio-des-consultations
- The Royal Australian College of General Practitioners. (2017). Standards for general practices. (5th ed). East Melbourne, Vic: RACGP. Criterion C1.3 Informed patient decisions, criterion C2.1 Respectful and culturally appropriate care, criterion QI2.2 Safe and quality use of medicines.
- The Scottish Government. (2021). The 2018 General Medical Services contract in Scotland. Edinburgh: The Scottish Government.
- Service Public Fédéral, Santé publique, sécurité de la chaine alimentaire et environnement Advance care planning. Consulté le 21 mai 2026 via https://www.inami.fgov.be/fr/professionnels/professionnels-de-la-sante/medecins/soins-par-le-medecin/advance-care-planning-anticiper-et-ameliorer-la-qualite-des-soins-de-vos-patients-palliatifs

2. Médecine basée sur les preuves
Conseils
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Description
Des recommandations adaptées à la pratique doivent être mises à la disposition des prestataires de soins. Ceci peut se faire via des plateformes numériques ou via des sources écrites récentes. L’autonomie professionnelle du médecin généraliste est importante, elle lui permet (lorsque cela est justifié et argumenté), de dévier de la recommandation afin de fournir des soins plus adaptés au patient (SPF Santé Publique, 2019).
Les soins de base que tout médecin généraliste doit offrir à ses patients consiste en des soins aigus, urgents, chroniques, curatifs, préventifs et psychosociaux. Il s’agit toujours d’une prise en charge globale, qui tient compte du contexte élargi du patient, comme la famille, la religion, l’aspect social et les normes et valeurs. (CLI 1 Place centrale du patient). Le médecin agit ainsi de manière scientifique et socialement responsable. Ce faisant, il respecte l’autonomie du patient sans compromettre son indépendance professionnelle et sa responsabilité envers la société (Code de déontologie médicale, https://ordomedic.be/fr/code-2018/respect/17). En outre, le médecin tient compte du principe d’égalité et de l’utilisation efficace des ressources disponibles (Roger, 2017).
Les soins sont ciblés et appropriés aux différentes phases de la vie, allant des nourrissons et enfants en bas âge, aux adolescents, femmes enceintes, personnes âgées et jusqu’aux soins palliatifs. La pratique doit également avoir une gestion efficace, afin que les soins ci-dessus puissent être proposés aux patients de manière bien organisée. Vous retrouverez de plus amples informations sur la bonne coopération au sein des équipes, dans le thème Accords de collaboration interne (ORG 4.1 Accords de collaboration interne).
La mise en œuvre concrète de ces soins de base est examinée plus en détail dans les différents thèmes et les activités professionnelles caractéristiques qui leur sont associées.
Le médecin généraliste utilise les connaissances et les compétences de base acquises au cours de sa formation et de la formation continue (QUA 1 Formation des collaborateurs) pour effectuer une anamnèse et un examen clinique efficaces. En concertation avec le patient (CLI 1 Place centrale du patient), il établit un plan de suivi avec d’éventuels examens complémentaires, une référence et/ou un traitement (SPF Santé Publique, 2019).
Réflexion
Le patient peut compter sur le fait que son médecin généraliste travaille toujours selon les dernières recommandations scientifiques. Cela garantit la qualité des soins fournis, favorise la continuité des soins et réduit la variation de pratique entre différents prestataires de soins. La relation de confiance entre le généraliste et le patient permet au médecin d’inclure des informations sur le contexte et la personnalité du patient dans sa décision sur les soins proposés (RACGP, 2017).
Le patient a la certitude qu’il pourra toujours faire appel à la pratique pour les soins de base cités ci-dessus. Bien entendu, un médecin généraliste a la liberté d’approfondir ses connaissances et de se spécialiser dans certaines sous-disciplines de la médecine générale en fonction de ses centres d’intérêt personnels et du contexte local. Il est intéressant, pour la pratique et le cercle médical local, que ces spécialisations soient connues. Ainsi, il est possible de référer les patients vers des médecins généralistes « de référence » dans un certain domaine. Cela existe déjà dans le domaine des assuétudes, mais pourrait être étendu à d’autres domaines.
Sources
- Code de déontologie médicale. Ordre des médecins. [site web]. Consulté le 17 août 2023 à l’adresse suivante : https://ordomedic.be/fr/code-2018/professionalisme
- Code de déontologie médicale. Ordre des médecins [site web]. Consulté le 17 août 2023 à l’adresse https://ordomedic.be/fr/code-2018/respect
- Service public fédéral Santé, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement, Conseil supérieur de la santé. (2019). Loi sur les pratiques de qualité des soins de santé, section 1 Liberté diagnostique et thérapeutique. [site web]. Consulté le 7 janvier 2021 à l’adresse suivante : http://www.ejustice.just.fgov.be/
- NPA. (2015). Kwaliteitsnormen voor de Nederlandse huisartsenpraktijk. NHG-Praktijkaccreditering versie 2.1. Utrecht: NPA. Artikel 17 : Gebruik NHG-standaarden en overige richtlijnen.
- NHG. (2018). Handleiding voor het opzetten van een kwaliteitssysteem in een huisartsenpraktijk. 11. Gebruik (NHG) standaarden en richtlijnen. https://www.nhg.org/sites/default/files/content/nhg_org/uploads/handleiding-opzetten-kwaliteitssysteem-verzie-_web.pdf
- The Royal Australian College of General Practitioners. (2017). Standards for general practices. (5th ed). East Melbourne, Vic: RACGP. Criterion C4.1 Health promotion and preventive care. Criterion C5.1 Diagnosis and management of health issues.
- Thema en kenmerkende beroepsactiviteiten huisarts. (z.d.). [Website]. Geraadpleegd op 28 december 2020 via https://www.huisartsopleiding.nl/opleiding/thema-s-en-kba-s
- Verdonck P. Het basistakenpakket voor de huisartsenpraktijk. Huisarts Nu, 30(september), 286–294. 2001.

3. Études de cas et consensus de la pratique
Conseils
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Description
Il doit toujours être possible de discuter de cas cliniques entre collègues. Cela peut se faire aussi bien avec des collègues de la pratique qu’avec des confrères externes, par exemple au sein d’un GLEM ou d’un réseau local. Il est préférable de planifier la discussion de cas de façon systématique pendant les réunions. Ces discussions peuvent faire émerger des lacunes de connaissances ou des problèmes concernant les soins au patient.
Lors de l’établissement d’un consensus de pratique, cette discussion de cas se fait de manière plus systématique :
- Par le biais d’analyse de cas ou de dossiers, on peut observer la manière dont les soins sont actuellement dispensés
- On compare les soins aux recommandations en vigueur
- On se met d’accord sur ce qui est faisable dans la situation particulière de la pratique
Le document de consensus de pratique doit être facilement disponible pour tous collaborateurs. En le consultant et en l’évaluant régulièrement, des points d’amélioration peuvent y être apportés. Cela encourage les praticiens à discuter, évaluer et appliquer les recommandations de bonne pratique sur l’evidence-based medicine dans leurs propres actes médicaux. Il est préférable qu’un des collaborateurs soit responsable de la tenue du document de consensus.
Réflexion
Les discussions de cas régulières améliore la qualité des soins de santé. Une réunion d’équipe, mais aussi le groupe local d’évaluation médicale (GLEM), par exemple, s’y prêtent. La discussion de cas cliniques encourage un regard critique sur l’action individuelle. Le modèle CanMEDS, qui décrit les sept compétences essentielles d’un médecin, peut servir de guide pour les évaluations de cas.
En améliorant ses propres connaissances, ses compétences et son attitude professionnelle, chaque collaborateur peut contribuer à une pratique saine et efficace. En outre, il s’agit d’une occasion d’apprentissage précieuse pour les collaborateurs, qui apprennent à respecter les opinions et les approches des soins de chacun et à travailler ensemble pour parvenir à un consensus sur la pratique auquel adhèrent tous les collaborateurs.
Sources
- Daelemans, E., Pype, P., & Lobbestael, J. (2019-2020). Hoe wordt de professionele identiteit gevormd en welke factoren spelen hierbij een rol: een kwalitatief onderzoek bij geneeskundestudenten. [Masterproef huisartsgeneeskunde, Interuniversitair Centrum voor Huisartsenopleiding (ICHO)]. Accessible via https://www.icho-info.be/application/content/thesislist
- Grouwels, D., Seuntjens, L., Vanden Bussche, P. (2008). Dokteren met kwaliteit. Antwerpen: Standaard Uitgeverij nv. P. 116-124, P. 183. 2015.
- NPA. (2015). Kwaliteitsnormen voor de Nederlandse huisartsenpraktijk.
- Schoenmakers, B., De Lepeleire, J., Aertgeerts, B. (2014). Praktijkmanagement voor de huisarts. Leuven: Acco.

4. Santé planétaire
Conseils
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Description
“The concept of planetary health is based on the understanding that human health and human civilisation depend on flourishing natural systems and the wise stewardship of those natural systems.” (Whitmee et al., 2015).
Le concept de santé planétaire englobe la santé de la civilisation humaine et l’état des systèmes naturels dont elle dépend. Des conseils sur la manière d’appliquer la santé planétaire au niveau de la pratique peuvent être trouvés sous le thème de l’organisation écologique de la pratique (ORG 5.1 Soins durables).
La cellule environnement de la SSMG travaille sur de nombreux projets en lien avec la santé planétaire. Vous trouverez de nombreux outils, formations et autres conseils via le site internet (https://www.ssmg.be/avada_portfolio/environnement-et-sante/)
Les co-bénéfices peuvent être divisés en trois domaines, à savoir le transport, la nutrition et l’exposition à la nature. Les déplacements actifs (à pied, à vélo, …) ou les transports publics offrent des avantages significatifs pour la santé humaine et planétaire. En tant que médecin généraliste, vous pouvez faire une prescription d’exercice physique. Un coach de Sport sur ordonnance encourage les patients à bouger davantage grâce à un plan d’exercice personnel et à des consultations. Vous trouverez plus d’informations sur le site internet https://sport-sur-ordonnance.be/.
Une exposition accrue à la nature peut être obtenue en s’impliquant dans des organisations de protection de la nature, dans les parcs urbains, les potagers, les forêts alimentaires ou des initiatives agricoles locales.
Une alimentation plus saine et plus durable passe aussi par davantage de denrées végétales (légumes, fruits, légumineuses, féculents complets, noix) et une réduction de la consommation de produits raffinés et d’origine animale, tels que la viande (rouge) et les produits laitiers (Warby et Veidis, 2019). De préférence, les produits sont de saison, cultivés localement et de manière durable. Malgré les inquiétudes actuelles sur la pollution de l’eau, dans la grande majorité des cas l’eau du robinet reste de bonne qualité, et préférable à l’eau en bouteille. Effectivement, cela permet de limiter les emballages et le transport, ainsi que la problématique des microplastiques.
Les interventions non médicamenteuses occupent une place importante dans un plan de traitement. L’exercice, l’alimentation saine ou les prescriptions sociales et « vertes » en sont quelques exemples (Robinson et Breed, 2019). Selon une étude de l’Organisation Néerlandaise des Généralistes (Nederlands Huisartsen Genoodschap), la prescription de médicaments représente 60 % de l’empreinte écologique des soins de première ligne. Dans ce cadre, il est primordial d’éviter les aérosols doseurs contenant des hydrofluorocarbures en raison de l’effet de serre. Les inhalateurs à poudre sèche sont toujours à privilégier si le patient est capable de les utiliser et si le contexte clinique le permet. Des informations complémentaires peuvent être consultées sur les sites web https://greeninhaler.org/ ou NICE (https://www.nice.org.uk/guidance/ng80/resources/inhalers-for-asthma-patient-decision-aid-pdf-6727144573 ).
En plus des interventions médicamenteuses, l’empreinte écologique peut être réduite en évitant le surplus de doses de médicaments et en les recyclant de façon correcte. MedStopper est un outil digital développé au Canada pour aider les prestataires de soins de santé et les patients à réduire ou à arrêter des médicaments.
Une utilisation responsable et ciblée des tests cliniques, qui tient compte de leur empreinte climatique respective, part de la question clinique à laquelle on souhaite répondre et tient compte de l’empreinte des différentes modalités de test (par exemple, l’échographie, le CT-scan ou l’IRM).
Réflexion
Les interventions en lien avec les contacts patient ont été délibérément placées dans cette section « Santé planétaire ». Les interventions au niveau de la pratique se trouvent dans les modules Soins durables (ORG 5.1 Soins durables), Organisation durable (ORG 5.2 Organisation durable) et Bien-être (ORG 5.3 Bien-être).
Les co-bénéfices sont définis comme les bénéfices des interventions en terme de santé de l’individu mais aussi de santé de la planète. Cette dernière bénéficie à son tour indirectement à la santé de l’individu (Holguera, Niwa et Senn, 2020). Ces co-bénéfices offrent donc une perspective prometteuse pour aborder la crise climatique. Les avantages des modes de transport actifs sont l’amélioration de la santé des patients par la promotion de l’activité physique, l’amélioration de la santé de la population plus élargie par la réduction de la pollution atmosphérique et, enfin, l’amélioration de la santé de la planète par la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les avantages d’interventions diététiques sont une réduction du diabète, des maladies cardiovasculaires et de la mortalité due au cancer colorectal. 20 % de la mortalité prématurée mondiale est due à des problèmes d’alimentation, ce qui correspond à un total de 11 millions de décès par an. La consommation excessive de viande (rouge) serait responsable d’une surmortalité d’un million de décès au niveau mondial. En Europe, 3,4 % des décès annuels sont dus à la consommation de viande rouge. Un régime alimentaire plus durable et plus sain peut conduire à une réduction de 20 % de l’empreinte carbone d’un occidental. Cela offre des perspectives pour plus de biodiversité et une réduction de la pollution plastique, de la résistance aux antibiotiques et de l’eutrophisation.
L’exposition à la verdure et sa promotion offrent des perspectives pour un microbiote plus diversifié, des avantages respiratoires, une amélioration des contacts sociaux, une réduction des maladies auto-immunes et des allergies, une réduction du stress, de la morbidité et de la mortalité liées aux maladies cardiovasculaires et au diabète. Les espaces verts urbains réduisent l’effet thermique local.
L’utilisation d’interventions non médicamenteuses présente un grand potentiel pour la santé. Cela réduit également le besoin de médicaments, ce qui représente un avantage durable. L’impact climatique le plus important des soins de première ligne vient de la prescription de médicaments (60 %). Les traitements pharmacologiques ont des impacts climatiques très variables, même s’il y a peu de données sur le sujet. Les aérosols contenant des gaz propulseurs sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre des médicaments utilisés en soins primaires et de 4 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre. Il est donc essentiel de considérer de manière critique l’utilisation des médicaments dans un contexte de durabilité (British Medical Association, 2020).
En misant sur des interventions non pharmacologiques, les patients prennent le contrôle de leur santé au lieu de dépendre du système de santé et des médicaments. En outre, ces interventions ont des effets positifs multiples, contrairement aux effets uniques des médicaments, à la fois pour la santé du patient mais aussi pour la santé au niveau sociétal et environnemental. Les prestataires de soins de santé eux-mêmes peuvent donner l’exemple d’un mode de vie sain. Il a été démontré que le mode de vie des prestataires de soins a une influence positive sur l’accompagnement de leurs patients (Lobelo, Duperly et Frank, 2009 ; Abramson et al., 2000).
Les tests cliniques ont également une empreinte écologique, variable d’un test à l’autre. En termes d’imagerie, l’impact de l’échographie est nettement plus faible que celui de la tomodensitométrie, qui a elle-même un impact beaucoup plus faible que la résonance magnétique (Picanu, 2020). En outre, plus on demande de tests, plus l’impact sur le climat est important.
Sources
- Abramson, S., Stein, J., Schaufele, M., Frates, E., & Rogan, S. (2000). Personal exercise habits and counseling practices of primary care physicians: A national survey. Clinical Journal of Sport Medicine, 10(1), 40–48. https://doi.org/10.1097/00042752-200001000-00008
- British Medical Association. (2020). Sustainable and environmentally friendly general practice. [Site web]. Geraadpleegd via https://www.bma.org.uk/advice-and-support/ethics/environment/sustainable-general-practice
- Gezond Leven. (2023, 31 juli). Kraantjeswater vs. flessenwater: Wat drink je het best? [Site web]. Geraadpleegd via https://www.gezondleven.be/themas/voeding/voedingsdriehoek/dranken/kraantjeswater
- Sport sur ordonnance [site web] https://sport-sur-ordonnance.be/
- Holguera, J. G., Niwa, N., & Senn, N. (2020). Co-bénéfices santé-environnement. Revue Médicale Suisse, 714-1, 1–32.
- Lobelo, F., Duperly, J., & Frank, E. (2009). Physical activity habits of doctors and medical students influence their counselling practices. British Journal of Sports Medicine, 43(2), 89–92. https://doi.org/10.1136/bjsm.2008.057085
- NICE. (2022). Asthma inhalers and climate change. [Site web]. Consulté via https://www.nice.org.uk/guidance/ng80/resources/inhalers-for-asthma-patient-decision-aid-pdf-6727144573
- Picano, E. (2020). Environmental sustainability of medical imaging. Acta Cardiologica, 1–5. https://doi.org/10.1080/00015385.2020.1814439
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- Warby, T., & Veidis, E. (2019). Declaration calling for family doctors of the world to act on planetary health. Consulté via https://www.globalfamilydoctor.com/site/DefaultSite/filesystem/documents/Groups/Environment/2019%20Planetary%20health.pdf
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